Réduction d’impôt EHPAD : 25 %, cases 7CD et 7CE, pas un crédit
Frais d’EHPAD et impôts : 25 % dans la limite de 10 000 €, cases 7CD et 7CE, réduction et non crédit, acompte de janvier, déduction par un enfant (6GU).
Vérifié sur les sources officielles le , mis à jour le · Sources : Service-public.gouv.fr, Bulletin officiel des finances publiques, impots.gouv.fr et 1 autre · Par Arno Joyeux
Au tarif d’hébergement médian de 73,50 € par jour — médiane de la chambre seule sur les 5 753 établissements publiés ici qui la déclarent à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, relevée le 22 septembre 2026 sur le classement des prix d’hébergement —, les 10 000 € de dépenses retenues au plus par an sont atteints en 137 jours de séjour, avant toute aide ; au-delà, la réduction d’impôt reste de 2 500 €, quel que soit le prix de l’établissement.
Un résident d’EHPAD imposable peut obtenir une réduction d’impôt sur les frais d’hébergement et de dépendance qu’il a réellement payés. Elle est de 25 % de ces dépenses, dans la limite de 10 000 € par personne hébergée et par an : au maximum 2 500 € par an et par personne.
À retenir : c’est une réduction d’impôt, pas un crédit. Elle ne joue que s’il y a un impôt à payer : un résident non imposable ne reçoit rien. Et le calcul porte sur les dépenses après déduction des aides. L’APA, l’aide sociale du département et l’allocation logement se retranchent d’abord ; c’est le solde qui ouvre droit à la réduction.
Qui a droit à la réduction d’impôt en EHPAD ?
Trois conditions, et aucune d’âge :
- être accueilli dans un EHPAD ou dans un établissement de soins de longue durée ;
- être domicilié fiscalement en France ;
- l’établissement doit se trouver en France, ou dans un autre État de l’Espace économique européen à l’exception du Liechtenstein.
Les dépenses retenues
La réduction porte sur les dépenses liées à la dépendance et à l’hébergement. Les soins n’y figurent pas : ils sont à la charge de l’Assurance maladie, et ne sont donc pas payés par le résident. Sur cette répartition entre les trois tarifs d’un EHPAD, voir de quoi est fait le prix d’un EHPAD.
Un point que la fiche pratique ne dit pas et que le commentaire fiscal précise : les frais d’hébergement n’ouvrent droit à la réduction que s’ils s’ajoutent à des dépenses liées à la dépendance. Une personne qui supporterait uniquement des frais d’hébergement, à l’exclusion de toute dépense de dépendance, n’en bénéficie pas.
Les dépenses de soins sont exclues de la base de calcul. De ces dépenses, il faut retirer les aides et allocations reçues au titre de la dépendance ou de l’hébergement — qu’elles soient versées directement à l’établissement ou au résident —, notamment :
- l’allocation personnalisée d’autonomie ;
- l’aide sociale à l’hébergement versée par le département ;
- l’allocation logement.
Le calcul
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Taux de la réduction | 25 % des dépenses supportées |
| Plafond annuel de dépenses | 10 000 € par personne hébergée |
| Réduction maximale | 2 500 € par personne hébergée |
Le plafond s’applique par personne hébergée. Un couple dont les deux membres résident en établissement dispose donc de deux plafonds distincts.
Pour situer l’ordre de grandeur des dépenses en cause, le site publie le prix mensuel déclaré par chaque établissement et le compare à celui de son département : voir le prix des EHPAD par département.
Dans quelle case déclarer les frais d’EHPAD ?
Les frais se portent cases 7CD et 7CE, dans la partie « Réductions d’impôt — Crédits d’impôt » de la déclaration de revenus, à la rubrique « Dépenses d’accueil dans un établissement pour personnes dépendantes » :
| Déclaration | Où trouver les cases 7CD et 7CE |
|---|---|
| En ligne | À l’étape 3, cocher dans la partie « Charges » la rubrique « Réductions et crédits d’impôt : dons, frais de garde d’enfants, emplois à domicile… » |
| Papier | Sur la déclaration annexe n° 2042 RICI (réductions et crédits d’impôt) |
Selon impots.gouv.fr, ces deux cases servent aux frais de la personne du foyer qui est hébergée — le résident lui-même, ou une personne de son foyer. On y indique le montant des dépenses de dépendance et des frais d’hébergement payés par personne hébergée, après déduction des aides reçues.
La déclaration en ligne est obligatoire lorsque la résidence principale dispose d’un accès à internet et que le déclarant est en mesure de la faire ainsi ; une déclaration papier reste possible dans le cas contraire. Les justificatifs sont à conserver trois ans, en cas de demande de l’administration.
À la date d’écriture de ce guide, la déclaration 2026 des revenus de 2025 est terminée ; la déclaration 2027 des revenus de 2026 débutera en avril 2027.
Quand la réduction d’impôt EHPAD est-elle versée ?
La réduction d’impôt fait l’objet d’un acompte de 60 % versé en janvier, calculé sur le montant de la réduction perçue l’année précédente. Le solde est payé à l’été, en fonction des dépenses réelles. Si l’acompte de janvier s’avère trop important — parce que les dépenses ont baissé, par exemple après l’obtention d’une aide —, le trop-perçu est remboursé en septembre.
Questions fréquentes
Est-ce un crédit d’impôt en 2026 ?
Non. Des pages annoncent pour 2026 un « crédit d’impôt EHPAD », d’autres sa suppression : au 22 septembre 2026, le texte en vigueur — l’article 199 quindecies du code général des impôts, dans sa version du 2 juin 2024 — prévoit une réduction d’impôt de 25 %, et impots.gouv.fr, dans une réponse modifiée le 8 juillet 2026, rappelle que ces frais « ne donnent droit qu’à une réduction d’impôt, et non un crédit d’impôt ». Un résident non imposable n’en tire donc aucun remboursement.
La réduction dépend-elle de l’âge du résident ?
Non. La fiche officielle le précise expressément : la réduction s’applique quel que soit l’âge, dès lors que les conditions d’établissement et de domiciliation fiscale sont remplies.
Un enfant qui paie l’EHPAD de son parent peut-il déduire ces sommes ?
Pas au titre de cette réduction, qui est attachée à la personne hébergée et à ses dépenses. Mais l’enfant peut déduire de son revenu ce qu’il verse pour aider un parent dans le besoin, y compris sous la forme d’un paiement direct des frais à la maison de retraite : impots.gouv.fr indique de porter ces sommes case 6GU, « Autres pensions alimentaires versées », sous les conditions générales des pensions alimentaires — le lien de parenté et l’état de besoin du parent. Les sommes sont en principe déclarées par le parent qui les reçoit ; pour un versement direct à l’établissement, il n’a pas à les déclarer s’il ne dispose que de très faibles ressources, comme l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Sur l’obligation elle-même, voir l’obligation alimentaire.
Où trouver le texte de référence ?
La réduction est prévue à l’article 199 quindecies du code général des impôts, et commentée au Bulletin officiel des finances publiques sous la référence BOI-IR-RICI-140, citée en source.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu — Frais d’accueil liés à la dépendance (réduction d’impôt) » (fiche F17, vérifiée le 15 avril 2026)
- Service-public.gouv.fr, « Vous partez vivre en Ehpad : aides financières » (fiche F38574, vérifiée le 30 avril 2026)
- Bulletin officiel des finances publiques, « Dépenses afférentes à la dépendance » (BOI-IR-RICI-140)
- impots.gouv.fr, « Je suis entré(e) en établissement pour personne dépendante, comment puis-je déclarer mes frais d’hébergement en EHPAD afin de bénéficier de la réduction d’impôt ? » (modifié le 8 juillet 2026)
- impots.gouv.fr, « Puis-je déduire les sommes que je verse à la maison de retraite de mes parents ? » (modifié le 7 juillet 2026)
- Légifrance, code général des impôts, article 199 quindecies, version en vigueur depuis le 2 juin 2024